Dimanche 7 mars 2010 7 07 /03 /Mars /2010 10:44

Demain je reprends le boulot...Je serais moins souvent sur Over-blog!!!

Par Anthéa - Publié dans : Vacances
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Vendredi 5 mars 2010 5 05 /03 /Mars /2010 17:23

   Dernière phrase de la suite 2 :

  Dix heures,  Fabiola se leva, et décida d'aller se coucher. Elle se demanda ce que faisait Maelig en ce moment.


   -Jamais je ne te le pardonnerai. J'hallucine...non vraiment...
   Maelig marchait en même temps qu'elle invectivait Thomas, revenait sur ses pas pour repartir...
   Rassemblés dans le bureau qui se trouvait au bout de la salle d'exposition, Thomas, Stéphane, Valérie, Stéphanie, Samantha, Daniel et Benjamin ne disaient mot. Stéphane avait raconté à Daniel et Benjamin arrivés en retard à l'inauguration ce qui s'était passé. Tous savaient que lorsque les yeux de Maelig prenaient cette teinte bleu acier, glaciale, il valait mieux ne rien dire et attendre qu'elle se calme.
   Elle se planta devant Thomas.
   -Tu peux me dire une chose, mon petit Thomas, pourquoi tu n'as pas fait cette surprise à Stéphane qui est "fou dingue" de Fabiola ?
   -Parce qu'il l'a déjà rencontrée, il avait été tiré au sort pour passer une journée avec elle, et puis tu te rends compte, qu'ils doivent recevoir des milliers de lettres et que c'est celle que j'ai expédiée qui a été choisie, cela ne peut être qu'un signe du destin... !
   -Oh, je t'en prie, moi ce que je vois c'est que samedi je dois aller à l'enregistrement de l'émission, que je n'ai pas du tout envie de jouer "au pantin" et que tu m'as mise dans une situation pas possible. Oh, et puis tu viens Samantha, on s'en va.
   Elles sortirent, même saisie par le froid vif de cette soirée de la mi-décembre, Maelig n'arrivait pas à décolérer. Mais qu'est ce qu'il lui a passé par la tête à Thomas pour lui faire un coup pareil. Maelig n'habitant pas loin, elles décidèrent de rentrer à pied.
   -Ouh la la...Elle ne va pas me le pardonner, dit Thomas.
   -Mais si, elle va se calmer, mais, mets toi à sa place, et puis vraiment tu l'as cherché dit Valérie.
   -Ecoute, après le concert de Fabiola, j'ai remarqué qu'elle mettait sans arrêt ses disques, qu'elle nous parlait souvent d'elle et l'idée m'est venue d'écrire à l'émission, et puis les mois ont passé et j'avais oublié complétement ma lettre jusqu'à l'autre jour où j'ai reçu un appel téléphonique, m'expliquant que ma demande avait été sélectionnée...et tu ne voulais quand même que je refuse... !
   Valérie, Thomas, Daniel et Maelig se connaissaient depuis quinze ans. Une grande amitié les unissait. Thomas et Maelig avaient fait les Beaux Arts ensemble. A cette époque, Valérie tenait, avec une amie, une boîte de nuit et Maelig pour payer ses cours y travaillait comme barman. Après une brève relation amoureuse, elles étaient restées amies. Daniel, lui, était un ex petit ami de Thomas. Puis au gré des amours de chacun, leur petit groupe s'était élargi.
   Cette dispute entre Thomas et Maelig n'était pas la première et tous savaient que ça s'arrangerait rapidement.
   -Tu as vu l'heure, il faut qu'on parte, dit Stéphanie à Valérie.
   Valérie, sept ans auparavant, avait ouvert un bar privé "les 2 arcs en ciel", dans le Marais. Les lesbiennes comme les gays pouvaient y venir, sauf le dernier week end de chaque mois, soirées uniquement réservées aux femmes.
   -Vous venez avec nous ? Demanda Valérie aux autres.
   Thomas et Stéphane les suivirent. Daniel, médecin étant de garde tout le week-end, et Benjamin, infirmier libéral, se levant trés tôt le lendemain matin déclinèrent l'offre et préférèrent rentrer chez eux.

A SUIVRE....

Par Anthéa - Publié dans : Autoedition - Communauté : ~ Au Fil du Temps ~
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Jeudi 4 mars 2010 4 04 /03 /Mars /2010 10:10

La sonnerie du portable sonna et Fabiola revint à la réalité.
   -Allo ?
   -Maman ?
   -Julien, mon petit bonhomme ! Comment vas-tu ?
   -Maman, j'ai eu zéro faute à la dictée aujourd'hui.
   -Félicitations, mon chéri, je suis fière de toi.
   -Et toi, maman, qu'as tu fait aujourd'hui ?
   -J'ai enregistré une émission de télévision "Soirée magique, moment de rêve".
   -Tu passes quand à la télé ?
   -Samedi soir, dans une semaine.
   -Chouette... !
   -Et tu sais que la semaine d'après, tu es en vacances, et que tu viens me voir.
   -Oui, c'est super... ! Je te montrerai les dessins que j'ai faits.
   -Moi aussi, je te ferai voir un dessin que l'on m'a donné aujourd'hui .
   -Il est beau ?
   -Oui, trés beau. Mais, dis-moi, tu devrais être au lit à cette heure là. Demain tu as école.
   -Que le matin, le samedi.
   -Ce n'est pas une raison, allez mon chéri, au lit. Ah, demain c'est moi qui t' appelerai, certainement dans l'après midi, car je vais en Belgique.
   -OK, bonne nuit, maman, je t'aime.
   -Bonne nuit Julien, moi aussi je t'aime. Fais de beaux rêves.
   Julien raccrocha. Et un grand vide s'installa, comme chaque fois. Tous les jours ils s'appelaient. Elle lui avait acheté un portable, bien qu'il n'ait que dix ans, pour qu'il puisse la joindre n'importe où, n'importe quand.
   Julien, fruit d'un amour vieux de douze ans. A dix-huit ans, montée à Paris pour réussir dans la chanson, Fabiola travailla comme baby-sitter, donna des cours d'anglais et en parallèle, chantait le soir dans les bars. Elle rencontra Jean-Louis, danseur, ils tombèrent amoureux et se marièrent. Côté argent, ils se débrouillaient assez bien ; faisant partie d'une troupe de danseurs, Jean-Louis gagnait assez bien sa vie. Partagée entre l'envie d'un enfant de suite et celle d'attendre pour ne pas entraver son désir de réussir dans la chanson, elle laissa faire le destin. Quatre ans après, Julien naissait. Pendant deux ans, elle s'occupa de lui et arrêta de chanter dans les bars. Un jour Jean-Louis lui présenta deux copains, qui voulaient monter un groupe mais il leur manquait une chanteuse. Sans hésitation, elle accepta. Ils allèrent de ville en ville, ayant un peu de succès. Elle faisait suivre Julien partout. A Aix-Les-Bains, un producteur qui faisait une cure, remarqua Fabiola. Il s'occupa d'elle, lui fit prendre des cours de chant. Son premier disque fut classé N°1 pendant un mois en France ainsi que dans plusieurs pays. Et les succès succédèrent aux succès. Ne pouvant plus faire suivre Julien, ses parents lui proposèrent de s'en occuper. Ce fut un gros déchirement, et elle fut longue à se remettre de cette séparation forcée. Mais dans son contrat, une clause indiquait qu'elle ne ferait aucun concert, aucune émission de télé et autres pendant les vacances scolaires, à part l'été pour pouvoir passer un peu de temps avec son fils. Et elle fut toujours intraitable là-dessus. Puis Jean-Louis et elle divorcèrent d'un commun accord ; entre leurs différentes tournées, car il dirigeait maintenant une troupe de danseurs, ils ne se voyaient plus. Elle eut ensuite quelques amants se demandant toujours s'ils aimaient la chanteuse ou la femme ; liaisons brèves qui lui laissaient toujours un goût amer après les ruptures, et qui en même temps lui inspiraient ses chansons, écrivant elle-même les paroles de la plupart de celles-ci. Enfin, depuis un an, un véritable record, Alexandre partageait sa vie. Partageait, peut être pas tout à fait. Car ils ne vivaient pas ensemble. Avec son métier, et celui d'Alexandre, avocat, la vie en couple s'avérait impossible. Mais ils s'arrangeaient comme il pouvait pour se voir le plus souvent possible. De plus, la fille d'Alexandre, Elisabeth, quatorze ans habitait avec lui, et n'appréciait pas sa relation avec Fabiola, ce qui ne facilitait guère leurs rencontres.  Elle se souvenait la première fois qu'elle l'avait vu. En procès avec un magazine pour avoir sans sa permission, diffusé plusieurs photos d'elle avec son fils, elle cherchait un avocat et, son agent, Sophie, lui présenta Alexandre. Brun, de taille moyenne, yeux noirs, élégant, elle succomba assez rapidement à son charme. Au début, ils ne se voyaient que pour le problème de Fabiola et puis il l'invita au restaurant, ils devinrent amants et leur relation de travail laissa la place à une toute autre relation. Ce qui n'empêcha pas qu'elle gagnât son procès.
   Elle repensa à Maelig, à cette rencontre qui lui laissait une impression d'inachevé. Chronométré à la seconde près, surtout ne pas dépasser le temps donné, cela empêchait  un quelconque échange. Samedi prochain, l'émission passait à la télévision elle y serait avec Maelig et puis après ...? Pour tous les fans choisis cela resterait un souvenir, un rêve devenu réalité, une rencontre de quelques minutes et puis ensuite chacun retournera à ses occupations... !
   Dix heures, elle se leva, et décida d'aller se coucher. Elle se demanda ce que faisait Maelig en ce moment.

A SUIVRE.....

Par Anthéa - Publié dans : Autoedition
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Lundi 1 mars 2010 1 01 /03 /Mars /2010 18:31

   -Alors, Fabiola, ça va mieux maintenant ? lui demanda Gérard dans la voiture qui la ramenait chez elle.
   -Oui, mais qu'est ce que j'ai pu avoir le trac...!
   -Tous, vous nous dites ça après, dit Annabelle.
   Annabelle et Gérard s'occupaient de tout organiser de façon à ce que tout se passe bien.
   Ils arrivaient, le chauffeur se gara.
   -Vous voulez monter boire un verre ? demanda Fabiola à Gérard et Annabelle.
   -Non, on nous attend au restaurant.
   Fabiola avait décliné leur offre de manger avec eux. Le lendemain matin, elle devait se lever tôt pour prendre un avion pour la Belgique où elle devait  donner deux concerts, faire une émission de télé et une autre de radio.
   Fabiola entra chez elle, éclaira, posa le tableau pour le moment par terre contre le mur en face du canapé. Elle se sentait épuisée nerveusement. Après avoir pris une douche, trouvé deux tomates, une tranche de jambon dans son frigo, elle s'installa dans son canapé, un plateau sur les genoux. Situé dans le 8ème arrondissement, à côté du Parc Monceau, dans une résidence tranquille, au 3ème étage, son appartement, pas trop grand comprenait une petite cuisine, une salle de bain agréable, deux chambres dont une réservée à son fils lorsqu'il venait aux vacances, un salon assez vaste, avec une grande baie vitrée donnant sur une petite terrasse, et une vue superbe sur Paris. Il lui suffisait amplement, d'autant plus qu'elle en profitait trop peu à son goût.
   Fabiola mangeait sans faim, ses pensées la ramenèrent quelques heures auparavant :
   Vers 17 h, elle avait rendez-vous avec Gérard , Annabelle et l'équipe de cameramen. Annabelle lui expliqua le déroulement de la soirée. Puis les cameramen commencèrent à filmer.
   Gérard posa un plan sur la table.
   -Maelig expose des photos d'un de tes concerts dans la nouvelle galerie qu'inaugure un de ses amis, dans le quartier du Marais, et nous profiterons de l'inauguration pour faire notre entrée, tu arriveras par là, tu entreras par cette porte et tu te dirigeras vers Maelig en chantant. Elle se trouvera ici. Il lui montrait l'itinéraire.
   Fabiola écoutait attentivement les explications de Gérard.
   Annabelle lui montra une photo de Maelig. De type asiatique, trés jolie, cheveux courts, des pommettes hautes, ses yeux surtout retenaient l'attention : des yeux magnifiques, légèrement bridés, d'un bleu pâle nuancé d'un bleu plus intense tirant sur le violet. Elle devait faire des ravages avec ces yeux là, se dit Fabiola.
   -Nous nous sommes entendus avec Thomas, son meilleur ami, tout est organisé à la seconde près.
   -Ca va Fabiola ? lui demanda Annabelle dans la voiture.
   -Pas tellement. Je commence à réaliser ce qui m'attend.
   Elle sentait le trac l'envahir entièrement.  D'habitude, quelques minutes avant ses concerts, elle ressentait toujours l'envie de partir, tellement elle avait peur, mais dès qu'elle arrivait sur scène, son trac disparaissait. Mais là, elle allait se retrouver face à face avec une de ses fans, filmée par des caméras, chantant pour elle seule, et ça l'effrayait un peu.
   Ils arrivaient. Elle descendit de la voiture et suivit Gérard qui s'arrêta légèrement en retrait de la porte d'entrée. Fabiola ne disait rien, appuyée contre le mur, elle respirait amplement, essayant de calmer les battements de son coeur.
   -Fabiola, prépares toi... vas-y.
   Fabiola poussa la porte et pénétra à l'intérieur en interprétant sa chanson, ses mains tremblaient et sa voix aussi. Elle avançait suivie par les cameramen. Les gens stupéfaits s'écartaient sur son passage. Elle essayait de repérer Maelig, l'aperçut qui se retournait, ébahie, et se dirigea droit sur elle. Elle s'arrêta devant elle, continuant sa chanson, un peu  décontenancée par l'expression du regard de Maelig, glacial, et qui semblait en colère ; Celle-ci avait tourné la tête, regardé quelqu'un  et à nouveau Fabiola. Heureusement, ses yeux d'un bleu si froid, quelques secondes auparavant retrouvaient petit à petit leur couleur initiale et leur douceur. La chanson terminée Fabiola et Maelig se regardaient, gênées toutes deux. Fabiola , d'un naturel timide et réservé, ne bougeait pas, et ne savait trop quoi faire, mais elle comprit que Maelig abasourdie par la surprise ne bougerait pas elle non plus et qu'il fallait qu'elle dise quelque chose.
   -Vous me montrez vos photos ?
   Devancée par Maelig, elle s'arrêta longuement devant chaque photo, si différentes de celles que d'habitude on lui montrait, souvent  sans "âme."
Chacune d'elle reflétait une telle émotion. Maelig avait su chosir, attendre le moment, pour saisir l'instant fugitif d'un regard, d'une expression. Elle arriva devant son portrait dessiné et là, elle resta sans mot, troublée, tellement elle se retrouvait dans ce dessin qui "la mettait à nu".
   Les chanteurs, les chanteuses se cachaient toujours derrière une image de façade pour se protéger mais là les habiles coups de crayon de la dessinatrice l'avaient fait voler en éclat, pour dévoiler ce qui se cachait réellement.
   Elle exprima avec sincérité  ce qu'elle pensait des photos et surtout du dessin ; subitement, elle se rappela que des caméras filmaient  et enregistraient  ce qu'elle disait . Gênée, elle s'arrêta de parler ; heureusement quelqu'un arriva et leur proposa une coupe de champagne. Puis on lui fit signe qu'il fallait qu'elle parte.
La sonnerie de son portable sonna et elle revint à la réalité
....

A SUIVRE ....

Par Anthéa - Publié dans : Autoedition - Communauté : ~ Au Fil du Temps ~
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Dimanche 28 février 2010 7 28 /02 /Fév /2010 10:44

Me revoilou...Je mets en ligne le roman que j'ai écrit  : MAELIG

Résumé :
Maelig photographe, Fabiola star de la chanson.
Leurs destins vont se croiser lors d'une émission de télévision et ne plus faire qu'un.
Fabiola et Maelig vont tomber amoureuses l'une de l'autre.
Mais le secret de Maelig va les séparer ; secret, Fabiola en est certaine, lié à l'incendie d'un camp de tziganes quinze ans auparavant et qui n'a jamais été élucidé.


Maelig s'avançait lentement regardant chaque photo suspendue et s'arrêta devant le portrait dessiné, d'une hauteur de un mètre qui représentait la chanteuse Fabiola RAZINSKI. Les cheveux longs, châtain clair auréolaient la douceur et la délicatesse du visage, le regard semblait perdu dans un rêve intérieur, la bouche délicatement ourlée dans un sourire mutin lui donnait un air malicieux.
Par amitié pour Stéphane qui organisait cette exposition de photos, et qui inaugurait ce soir là sa nouvelle galerie, elle avait donné son accord pour y participer. Photographe, elle parcourait le monde fixant pour l'éternité des milliers de visages inconnus, instants fugitifs, émotions furtives qu'elle s'appropriait pour les faire renaître figés à jamais sur du papier glacé. Rentrée depuis trois jours du Mexique, accaparée par la préparation de l'exposition, elle n'avait guère eu le temps de se reposer, et ressentait maintenant une certaine lassitude, sûrement due au manque de sommeil, mais elle devait s'avouer surtout qu'elle prenait moins de plaisir à ses voyages. A 33 ans elle aspirait maintenant à rester un peu plus chez elle. Depuis une dizaine d'années, elle faisait deux à trois voyages par an, restait un minimum de deux mois dans chaque pays et passait trés peu de temps à Paris. Elle travaillait pour différents magazines de photos qui lui commandaient des reportages, ce qui l'emmenait loin de chez elle neuf mois sur douze. Oui, il fallait qu'elle prenne le temps de faire le point, cela devenait une nécessité.
-Magnifi i i que... !
Maelig sursauta, perdue dans ses pensées, elle n'avait pas vu arriver Thomas, le petit ami de Stéphane, et son grand ami à elle. Grand, mince, brun, beau garçon, un regard de velours qui vous enveloppait et ne vous lâchait plus, un bagout assez haut perché, Thomas passait difficilement inaperçu.
-Magnifi i i que... ! ma chérie, ton portrait de Fabiola est simplement géni i al !
Maelig assez réticente au début à la proposition de Stéphane car le thème sur les chanteurs ne l'enchantait guère, avait finalement accepté. Fabiola RAZINSKI n'occupait pas une place prépondérante dans ses préférences musicales jusqu'à ce qu'elle assiste à un de ses concerts, tout à fait par hasard d'ailleurs. Thomas et Stéphane devaient aller la voir à l'Olympia, et par malchance, Stéphane était couché avec une grosse angine. Thomas lui proposa de le remplacer et elle se retrouva assise au deuxième rang de l'Olympia à un concert  d'une chanteuse qu'elle aimait écouter de temps en temps sans plus, contrairement à Thomas et Stéphane, fans incontestés et qui ne rataient aucun de ses concerts. Mais au fur et à mesure des chansons, elle se laissa charmer par sa voix de cristal, limpide, qui, par moment, déferlait en vagues successives de douceur et de souffrance, de douleur et de joie. Elle fut surprise par sa simplicité, par sa sincérité, par sa fusion avec le public.
Et lorsque le rideau se referma définitivement sur la chanteuse, pendant quelques minutes elle ne bougea pas, encore envahie par toute l'émotion que Fabiola avait laissée planer dans la salle.
Les photos exposées provenaient de cette soirée. Soigneusement choisies, chacune d'elles mettait en valeur la douceur, le charme de la chanteuse. Trois photos en couleur, intercalées entre celles en noir et blanc, donnaient une note légère. Elle avait trouvé original de terminer par un portrait  dessiné de Fabiola. Ayant fait trois années aux Beaux-Arts, s'étant perfectionnée dans les portraits, il lui restait un bon "coup de crayon", et elle aimait d'après des photos, reproduire celles-ci en dessin.
Un peu moins grand que Thomas, blong, visage doux, yeux bleus, réservé, contraste total avec Thomas, Stéphane s'approchait :
-Superbe tes photos, tu me les avais cachées... ! et ton dessin, simplement...parfait...!
C'était vrai que le soir du concert de Fabiola, Stéphane lui avait fait promettre de prendre pour lui le plus de photos possible, ce qu'elle avait fait, mais elle n'avait pas eu le temps de développer toutes les pellicules, elle ne lui avait pas dit, partant le lendemain pour un reportage à l'étranger.
-Promis, à la fin de l'exposition, je te les donnerai.
-Bon, alors je te pardonne...viens, je vais te présenter aux deux autres photographes.
Thomas les suivit. Il ne tenait pas en place, plus surexcité qu'à l'ordinaire.
-Qu'est ce qu' il a, demanda doucement Maelig à Stéphane. Celui-ci haussa les épaules sans répondre.
La salle commençait à se remplir ; l'heure de l'inauguration approchait.
-Je te présente Eric et voilà Daniel.
Ils firent le tour, Eric avait choisi Mylène Farmer, Daniel : Johnny Halliday. Tous deux photographes amateurs, ils présentaient leur première exposition. Son oeil de professionnel détecta quelques défauts, et les photos auraient pu être un peu plus travaillées, mais pour un début, l'ensemble ne manquait pas d'intérêt.
Thomas regarda sa montre.
-Et Samantha, elle vient ? dmanda t il à Maelig.
-Oui, elle ne devrait pas tarder.
Thomas n'aimait pas trop Samantha, Stéphane non plus d'ailleurs. Ils la trouvaient trop "bourgeoise".
Justement, elle arrivait, accompagnée de Stéphanie et Valérie, amies de Maelig.
Celle-ci leur fit un signe.
Samantha, cheveux courts, blonds, yeux marrons, mince, pantalon et veste courte blanche, à la dernière mode, se frayait un chemin difficilement.
Leur relation durait depuis deux ans ; Samantha, traductrice voyageant beaucoup elle aussi, elles se retrouvaient épisodiquement, quelques jours. Cela convenait parfaitement à Maelig, qui voulait conserver un peu de liberté, un peu moins à Samantha, qui aurait préféré qu'elles se voient plus souvent, surtout plus longuement, de plus, Samantha étant américaine, elle retournait souvent aux Etats Unis, mais elles arrivaient quand même à se réserver régulièrement trois ou quatre jours toutes les deux.
Maelig eut à peine le temps de leur dire bonjour, Stéphane vint la chercher ainsi qu'Eric et Daniel.
-Venez.
Stéphane demanda le silence, puis il prit la parole.
-Merci d'être venus aussi nombreux. Je suis trés heureux d'inaugurer cette nouvelle galerie, ouverte à tous les artistes débutants, peintres, potiers, sculpteurs...Ce soir, j'ai le grand privilège de vous présenter Maelig Su Ching, photographe de talent, qui a bien voulu être l'invitée d'honneur, Eric Guérin et Daniel Minura, photographes amateurs, qui exposent pour la première fois. Je leur ai imposé un thème : les chanteuses, les chanteurs. Je vous laisse maintenant découvrir leurs oeuvres.
D'un seul coup, les lumières se rallumèrent, éclairant les photos, tandis qu'une chanson de Fabiola emplissait la grande salle.
Maelig, qui discutait avec un journaliste fut éblouie par de fortes lumières, alors qu'un lourd silence s'installait. Elle se retourna et se demanda si elle ne rêvait pas : Vers elle, un micro à la main, Fabiola Rasinski s'avançait en chantant ; les gens médusés, s'écartaient pour la laisser passer. Maelig, la surprise passée, sentit une colère l'envahir petit à petit ; elle chercha des yeux Thomas car ce ne pouvait être que lui pour avoir une idée pareille ; elle l'aperçut, un large sourire éclairait son visage. Elle lui lança un regard courroucé, il ne perdait rien pour attendre ; Fabiola arrivait à sa hauteur. Melig ne bougeait pas, ne sachant trop comment se comporter, les caméras braquées sur elle et Fabiola. Elle connaissait cette émission qui remportait un énorme succès pour l'avoir regardée une fois à la télévision. Elle s'appelait :"soirée magique, moment de rêve" : un chanteur ou une chanteuse faisait la surprise à un de ses fans, de venir à l'improviste le voir. Elle s'était dit qu'elle n'aimerait pas être à la place de ces personnes, filmées par surprise, et voilà que ce soir, c'était elle qui se trouvait dans cette situation. La chanson était terminée, Maelig, tétanisée, ne savait trop ce qu'elle devait faire.  Elle s'était déjà trouvée plusieurs fois dans des conditions délicates, pendant ses reportages, mais jamais face à des caméras qui épiaient le moindre de ses gestes, de ses émotions et surtout, d'habitude elle était de l'autre côté de l'objectif.
Fabiola, elle aussi semblait indécise, elles se regardaient, attendant chacune que l'une ou l'autre prenne l'initiative :
-Vous me montrez vos photos ?
Maelig la devança. Fabiola regarda longuement chaque cliché et plus particulièrement le dessin la représentant.
-Vos photos me plaisent beaucoup, elles sont différentes de celles que j'ai l'habitude de voir, il en ressort une grande sensibilité, et votre dessin, je ne trouve pas les mots, je ne voudrais pas non plus vous sembler prétentieuse, mais il est d'un tel réalisme, et je me "retrouve" tellement dans ce portrait. Vous avez su faire ressortir ce que je cache d'habitude.
Maelig savait que les paroles de Fabiola étaient sincères et elle semblait avoir oublié complétement les caméras. D'ailleurs, elle eut l'air un peu gêné lorsque sans doute elle réalisa qu'elle était filmée. Heureusement, Stéphane arriva avec un plateau et des coupes remplies de champagne. Fabiola et Maelig en prirent une, mais déjà on faisait signe à Fabiola.
-Il faut que je parte.
Elle commençait à s'éloigner.
-Attendez. Maelig décrocha le cadre où se trouvait le dessin et le tendit à Fabiola.
Celle-ci hésita quelques secondes mais devant l'insistance de Maelig, elle le prit et la remercia.
Maelig la raccompagna jusqu'à la porte.
-Vous donnerez votre numéro de téléphone à la production, je vous appellerai lui chuchota Fabiola en l'embrassant avant de monter dans la voiture et elle la remercia à nouveau en lui montrant le dessin.
Maelig la regarda s'éloigner en répondant machinalement au signe de la main que lui faisait Fabiola, réalisant difficilement ce qui venait de se passer.

A SUIVRE.....

Par Anthéa - Publié dans : Autoedition
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