J'AI ECRIT UN ROMAN (Suite 2)

Publié le par Anthéa

La sonnerie du portable sonna et Fabiola revint à la réalité.
   -Allo ?
   -Maman ?
   -Julien, mon petit bonhomme ! Comment vas-tu ?
   -Maman, j'ai eu zéro faute à la dictée aujourd'hui.
   -Félicitations, mon chéri, je suis fière de toi.
   -Et toi, maman, qu'as tu fait aujourd'hui ?
   -J'ai enregistré une émission de télévision "Soirée magique, moment de rêve".
   -Tu passes quand à la télé ?
   -Samedi soir, dans une semaine.
   -Chouette... !
   -Et tu sais que la semaine d'après, tu es en vacances, et que tu viens me voir.
   -Oui, c'est super... ! Je te montrerai les dessins que j'ai faits.
   -Moi aussi, je te ferai voir un dessin que l'on m'a donné aujourd'hui .
   -Il est beau ?
   -Oui, trés beau. Mais, dis-moi, tu devrais être au lit à cette heure là. Demain tu as école.
   -Que le matin, le samedi.
   -Ce n'est pas une raison, allez mon chéri, au lit. Ah, demain c'est moi qui t' appelerai, certainement dans l'après midi, car je vais en Belgique.
   -OK, bonne nuit, maman, je t'aime.
   -Bonne nuit Julien, moi aussi je t'aime. Fais de beaux rêves.
   Julien raccrocha. Et un grand vide s'installa, comme chaque fois. Tous les jours ils s'appelaient. Elle lui avait acheté un portable, bien qu'il n'ait que dix ans, pour qu'il puisse la joindre n'importe où, n'importe quand.
   Julien, fruit d'un amour vieux de douze ans. A dix-huit ans, montée à Paris pour réussir dans la chanson, Fabiola travailla comme baby-sitter, donna des cours d'anglais et en parallèle, chantait le soir dans les bars. Elle rencontra Jean-Louis, danseur, ils tombèrent amoureux et se marièrent. Côté argent, ils se débrouillaient assez bien ; faisant partie d'une troupe de danseurs, Jean-Louis gagnait assez bien sa vie. Partagée entre l'envie d'un enfant de suite et celle d'attendre pour ne pas entraver son désir de réussir dans la chanson, elle laissa faire le destin. Quatre ans après, Julien naissait. Pendant deux ans, elle s'occupa de lui et arrêta de chanter dans les bars. Un jour Jean-Louis lui présenta deux copains, qui voulaient monter un groupe mais il leur manquait une chanteuse. Sans hésitation, elle accepta. Ils allèrent de ville en ville, ayant un peu de succès. Elle faisait suivre Julien partout. A Aix-Les-Bains, un producteur qui faisait une cure, remarqua Fabiola. Il s'occupa d'elle, lui fit prendre des cours de chant. Son premier disque fut classé N°1 pendant un mois en France ainsi que dans plusieurs pays. Et les succès succédèrent aux succès. Ne pouvant plus faire suivre Julien, ses parents lui proposèrent de s'en occuper. Ce fut un gros déchirement, et elle fut longue à se remettre de cette séparation forcée. Mais dans son contrat, une clause indiquait qu'elle ne ferait aucun concert, aucune émission de télé et autres pendant les vacances scolaires, à part l'été pour pouvoir passer un peu de temps avec son fils. Et elle fut toujours intraitable là-dessus. Puis Jean-Louis et elle divorcèrent d'un commun accord ; entre leurs différentes tournées, car il dirigeait maintenant une troupe de danseurs, ils ne se voyaient plus. Elle eut ensuite quelques amants se demandant toujours s'ils aimaient la chanteuse ou la femme ; liaisons brèves qui lui laissaient toujours un goût amer après les ruptures, et qui en même temps lui inspiraient ses chansons, écrivant elle-même les paroles de la plupart de celles-ci. Enfin, depuis un an, un véritable record, Alexandre partageait sa vie. Partageait, peut être pas tout à fait. Car ils ne vivaient pas ensemble. Avec son métier, et celui d'Alexandre, avocat, la vie en couple s'avérait impossible. Mais ils s'arrangeaient comme il pouvait pour se voir le plus souvent possible. De plus, la fille d'Alexandre, Elisabeth, quatorze ans habitait avec lui, et n'appréciait pas sa relation avec Fabiola, ce qui ne facilitait guère leurs rencontres.  Elle se souvenait la première fois qu'elle l'avait vu. En procès avec un magazine pour avoir sans sa permission, diffusé plusieurs photos d'elle avec son fils, elle cherchait un avocat et, son agent, Sophie, lui présenta Alexandre. Brun, de taille moyenne, yeux noirs, élégant, elle succomba assez rapidement à son charme. Au début, ils ne se voyaient que pour le problème de Fabiola et puis il l'invita au restaurant, ils devinrent amants et leur relation de travail laissa la place à une toute autre relation. Ce qui n'empêcha pas qu'elle gagnât son procès.
   Elle repensa à Maelig, à cette rencontre qui lui laissait une impression d'inachevé. Chronométré à la seconde près, surtout ne pas dépasser le temps donné, cela empêchait  un quelconque échange. Samedi prochain, l'émission passait à la télévision elle y serait avec Maelig et puis après ...? Pour tous les fans choisis cela resterait un souvenir, un rêve devenu réalité, une rencontre de quelques minutes et puis ensuite chacun retournera à ses occupations... !
   Dix heures, elle se leva, et décida d'aller se coucher. Elle se demanda ce que faisait Maelig en ce moment.

A SUIVRE.....

Publié dans Autoedition

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Romans 29/01/2013 19:39


 Quel dommage que vous n'ayez pas poursuivi!

Jean-luc Marechal 05/03/2010 17:22


Bonjour , je ne suis pas très "roman" je dois l'avouer , cependant je tenais à te dire que ton style est si fluide et l'écriture si agréable que j'ai lu d'un trait ce passage . Toutes mes
félicitations , vraiment !
Belle fin de soirée , et que ton imagination continue à être fertile


Eliane 04/03/2010 11:23


je te souhaite une belle journée et a bientot pour la suite